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Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

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6 décembre 2018

Lothiers, 6 décembre 1918, une catastrophe ferroviaire pour les permissionnaires

Au moment de la rédaction de ce message et ce depuis de nombreuses années, le seul élément rapportant le fait du déraillement de Lothiers fut l'article de Gérard Coulon dans la revue "La Bouinotte" en 1984. Les nouveaux outils de communication et la multiplication des possibilités d'accès à la documentation en ligne permettent donc de compléter le travail précurseur de notre auteur de référence.

En voici donc ma remise en forme:

Le 8 décembre 1918, les lecteurs du "Figaro" découvrent un petit article annonçant une catastrophe qui vient de se dérouler dans l'Indre, à Lothiers, entre Châteauroux et Argenton. Les mêmes éléments sont repris par le Populaire de Paris (30 morts et cinquante blessés), il s'agit de la reprise d'une dépêche de presse.

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 Le Figaro 8 décembre 1918
Le Populaire de Paris 8 décembre 1918

Pourquoi s'intéresser à un article du Figaro ou du populaire de paris et non pas à la presse locale?
Tout simplement car la nouvelle de l'accident fut tout d'abord annoncée dans la presse locale, mais allègrement cavardiée par la censure.

En voici l'exemple dans le Journal du Département de l'Indre annoncée en date du 7 décembre 1918. (A noter une confusion de date entre le 6 et le 7 décembre - La source de presse n'a pas été vérifiée par l'auteur du blog).

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Article "Journal du département de l'Indre" 6 décembre 1918 - AD36 - Article NR36 de Xavier Benoit du
07/12/2013

 

 

Dès le 7 décembre 1918, dans le journal "La Presse", on pouvait lire

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Sources GALLICA BNF

Intéressons nous donc à l'article du "Figaro" en date du 8 décembre

Châteauroux - Une collision s'est produite à Lothiers entre deux trains de permissionnaires, l'un parti de Limoges à 11h34 du soir et l'autre le suivant à dix minutes. Par suite d'un brouillard intense, le premier se trouvait retardé et l'autre, ne le voyant pas est venu se jeter dessus.
on annonce trente morts et cinquante blessés.
Un train de secours est parti de Limoges avec plusieurs médecins et un matériel de pansement. Les Américains, de leur côté, ont envoyé des autos sanitaires avec des docteurs et des infirmiers".

 

Au même moment, un autre accident se produisait à Meug sur Loire. On dénombrait vingt morts.

Revenons à Lothiers
Dans son numéro du 15 décembre, "l'Indépendant du Berry" (journal Le Blanc) reprend une série d'articles provenant du "Petit Journal"

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Sources GAllica BNF

et écrit:.

Limoges, 8 décembre - Le nombre des victimes de la catastrophe de Lothiers (Indre) est plus élevé, malheureusement, qu'on ne le croyait d'abord. Hier, on comptait 88 morts et il est à redouter que ce chiffre impressionnant ne s'augmente, car plusieurs blessés sont dans un état désespéré.
Le mécanicien et le chauffeur du train tamponneur qui marchait à 85 kilomètres à l'heure, sont tous les deux indemnes. Après avoir serré les freins et renversé la vapeur, car par suite du brouillard, ils n'aperçurent qu'en arrivant dessus le convoi arrêté, ils eurent le temps et la présence d'esprit de s'accrocher brusquement aux montants de la locomotive.
Les Américains, accourus en automobile dès la première nouvelle de la catastrophe, après avoir immédiatement branché un fil de fortune, téléphonèrent à leur camp d'aviation de Châteauroux et, quelques minutes après un biplan atterrissait sur les lieux de la catastrophe, porteur d'un matériel complet de pansement et de secours.
Toutes les victimes sont de braves soldats, sortis sans grand dommage de la terrible guerre et qui ont trouvé la mort ou la mutilation dans un banal accident de chemin de fer. L'un d'eux, un jeune homme de Limoges, avait fait toute la campagne sans une égratignure, sans une heure de maladie; aussi le désespoir de sa famille est-il indescriptible.

Un peu plus loin, il reprend:
Le 9 décembre eurent lieue les obsèques à Châteauroux, voici ce qu'en reporte le Figaro dans son article en date du 10 décembre:
Les obsèques des victimes de la catastrophe de chemin de fer survenue entre luant et Lothiers, ont eu lieu, hier, à Châteauroux.
Les 67 bières étaient portées sur des plateformes d'artillerie françaises et américaines. Après les prières à l'église Saint-André, l'archevèque de Bourges, le préfet, le général, le député, le secrétaire de la bourse du travail ont pris successivement la parole.
Le cortège s'est ensuite partagé en deux, l'un s'est rendu à la gare et l'autre au cimetière Saint-Denis. Toute la population assistait à la triste cérémonie.
Les 151 blessés sont soignés dans les hôpitaux de la ville et les ambulances américaines.

Nota de l'auteur: Parmi les blessés Jules Quincampoix de Château Ponsac est par exemple décédé le 26/12/1918.

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Les bières sur le parvis de Saint-André (collection de l'auteur)

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Les bières sur le parvis de Saint-André (collection de l'auteur)

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Sources GAllica BNF

Dans l'analyse de ces textes, il est difficile de se faire une idée du nombre exact de décès. L'article va jusqu'à citer 88 décès.
Gràce aux dépouillements effectués par Huguette Mauduit pour le compte de la SGBB (Société Généalogique du bas Berry), ce sont pas moins de 74 actes de décès qui ont été recensés dans l'état-civil de Châteauroux. En parallèle, via le site Mémoires des Hommes, ce sont pas moins de 72 soldats qui sont déclarés comme décédés dans le département entre les 6 et 10 décembre 1918, mais certains sont des soldats indriens décédés à leur domicile ou à l'hôpital de Châteauroux mais pour des causes autres que celles liées à l'accident.
Un recoupement des sources actuellement disponibles s'impose.

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Pour l'anecdote, lorsque l'on recherche des documents sur le sujet via internet, on tombe régulièrement sur un article de la Nouvelle République de 2013, rapportant les fait etun numéro dominical de 2014, àA une perte annoncée de 70 morts qui est d'ailleurs une reprise des données de l'article de Gérard Coulon daté de 1984, il est aussi intéressant de noter une erreur dans l'iconographie. L'auteur de l'article souhaitant illustrer un fait sans image, utilisa un cliché d'un déraillement qui se produisit en réalité en juin 1915 à la gare d'Argenton, sous le pont de Saint-Paul et qui est d'ailleurs documenté dans les carnets de Raymond Rollinat.
Une consultation de l'article en question permet maintenant de se rendre compte que la rédaction de la NR36 a modifié le message et réactualisé son message, sans pour autant l'indiquer puisque la dernière MAJ indiquée est du 22/02/2018, soit 6 mois avant cet article.

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Le dimanche magazine de la NR du 1er juin 2014

 


 

Cet accident "sans image" fit quand même l'objet de photos, en effet, parmi les soldats américains de l'hôpital de Bitray, se trouvait un certain Chiljian, Henry B. qui figure dans la liste des personnel du Base Hospital n°9 (voir historique Base hospital no.9, A.E.F.; a history of the work of the New York hospital unit during two years of active service").
Il prit plusieurs clichés que voici:

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Clichés Chiljian Avec l'aimable participation de Didier Dubant, merci à lui.

 

A propos d'un des soldats victimes de l'accident, on notera cet article sur le blog du Mémorial de Moissac

Pour compléter, on se reportera à l'article de référence sur le sujet et rédigé par Gérard Coulon dans le journal "La Bouinotte" en 1984

 


La liste des victimes:

Chose malaisée, il y a quelques années, les nouveaux outils et les nouvelles sources mise à notre disposition depuis quelques années, nous permettent de répondre plus surement à la question « Combien décédèrent du fait du déraillement ? »
L’accès au site ministériel "Mémoires des Hommes", au site collaboratif "Mémorial Gen Web", aux données parsemées sur internet via des sites personnels mais aussi grâce aux actes des décès collectés au travers du dépouillement effectué par Huguette Mauduit, au final, nous arrivons à un total de 74 décès.
Depuis quelques temps, la recherche concernant la ville de Châteauroux est amplement facilitée, notamment avec la mise en ligne des registres d'état-civil et ce jusqu'en 1940.

Dans l'ordre chronologique et alphabétique, nous avons donc:

Le 06/12/1918 :

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Sources MémorialGenWeb

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Sources MémorialGenWeb

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Sources MémorialGenWeb

 

  • SUBRENAT André, né le 26/07/1872 à La Tour Blanche (24) 1° Groupe d'Aérostation
  • TRICAUD Alfred, né le 17/01/1873 à Magnac- Laval (87) 121 R.I.T.
  • TRIJASSOU Etienne, né le 26/12/1881 à Verteillac (24) 7° R.I.

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    Sources MémorialGenWeb

  • VERMAST Désiré, né le 27/10/1889 à La Chapelle d'Armentières (59) 2° groupe d'Aviation
    Sa dépouille repose au carré des corps restitués de Armentières (59) Il figure sur le Livre d'Or de Armentières mais aussi de Limoges (87).
  • VIELESCOT Gabriel, né le 20/05/1896 à Montplaisant (24) 5° R.I.C.
  • VILLOTTE Henri, né le 10/08/1893 à St Priest les Fougères (24) 34° R.A.C.

Le 07/12/1918 :

Le 08/12/1918 :

Le 09/12/1918 :

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Archives municipales Châteauroux cote 1E273

Le 26/12/1918 :

En dehors des militaires permissionnaires qui se trouvaient dans les deux trains concernés, on trouve, dans les archives disponibles, trace aussi d’une autre victime qui succomba suite à l’accident et qui n’est pas déclarée comme militaire :

  • MAGNE Jules, agé de 46 ans est déclaré Chef de train de la Cie d'orléans.
    Sa fiche matricule aux archives départementales de Dordogne
    Grâce à la mise en ligne des archives de la ville de Châteauroux, on peut trouver son acte de décès (1918, n°1175): Jules MAGNE est né le 2 mars 1862 à Montignac en Dordogne (son acte de naissance aux AD24) et qu’il est domicilié en Corrèze à Brive.
    On y apprend aussi que contrairement à ce qu’indique la fiche du ministère, Jules MAGNE est déclaré comme "Mort pour la France" sur l’acte de décès. Ceci est intéressant car cela permet de se rendre compte que les fiches issues des fichiers Mémoires des Hommes ne sont pas des pièces justificatives du statut de "Mort pour la France", mais juste un fichier établi en son temps par le ministère des pensions et qui fut abandonné et jamais finalisé. Suite à envoi des données, le fichier Mémoires des Hommes a été modifié en conséquence. La fiche est maintenant "Mort pour la France" depuis le 8 juin 2022.

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Archives municipales Châteauroux cote 1E273

Aujourd’hui, seules 2 sépultures de défunts restent encore au carré militaire Saint Denis à Châteauroux, celles de DEROUINEAU Martin et de PEYNAUD Jean.

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2 novembre 2018

Cher Maitre, ... Plus on nan tire, plus y sonts nombreux (mise à jour 2018)

En 2008, un correspondant (dont j’ai perdu la trace, mais qui peut me contacter s’il se reconnait) me transmit des scans d'une série de cartes postales, alors que nous échangions sur la guerre de 14 ou  sur Malicornay, le village de ma branche maternelle, je ne me souviens plus très bien. je n'avais alors prêté attention plus que cela à cette série de scans.

Quel est le rapport entre cette série de cartes et mes aieux, hormis que cela concerne Malicornay?

Ces cartes ont toutes été envoyées par 2 soldats répondant au patronyme de Plantureux, Louis et Alexandre à leur maitre d’école, M. Suire, qui fit sa carrière à l’école communale de Malicornay.

M. Suire figure sur une des rares cartes postales du village. Sur le cliché, on l'identifie tout de suite sur la droite du cliché. Il pose d'ailleurs juste devant ce qui était alors l'école communale et on reconnait aisément son statut social. Ceci étant dû à l’importance de l’instituteur dans la vie villageoise de l’époque.
Ceci se retrouve dans l'importance qu'apportent nos 2 soldats à transmettre des nouvelles à celui qui fut leur "Maître"

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Revenons, à cette série de cartes et surtout à celles d’Alexandre. Effectivement, parmi mes aïeux, il est un de mes arrières grands-pères.

Alexandre Plantureux est né le 26 février 1874 à Chavin (36) (Lien vers acte de naissance) et est décédé le 19 juillet 1929 à Malicornay (36). Il est de cette génération qui connue la Grande Guerre. Si en 2013, un passage aux Archives départementales ne m’avait pas permis de retrouver sa fiche matricule, surtout par faute de temps, il est maintenant aisée de le trouver via le Grand Mémorial et ainsi d'accèder à sa fiche matricule aux Archives Départementales de l'Indre. Il est ainsi classé  Classe 1894 Recrutement de Châteauroux matricule 570 (lien vers sa fiche)

On notera un parcours très "plat" mobilisé au 9e Train, il y restera jusqu'en 1919. Le type d'unité d'affectation est cependant peu en accord avec le texte des missives envoyées et retranscrites ci-dessous, les "tringlots" n'étaient pas considérées comme des troupes combattantes.

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Intéressons-nous donc aux deux cartes envoyées par Alexandre, je vous laisse effectuer l'analyse du contenu:

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Le 29 mars 1915,
Cher Maître
Merci bien de votre aimable lettre qui ma rendu heureux de m’apprendre ou était une partie de mes camarades. Car depuis la campagne, je n’est reçue aucune de leurs nouvelles. Cher maître, vous me dite que vous seriez heureux de mettre un Boche au bout de votre canon. Oui je le pense bien , mais plus on nan tire, plus y sonts nombreux. Mais j’espère bien que bientôt nous en verront la fin. Et que nous aurons malgré çà la victoire. Mais elle serat chère. Vous verrez sur cette carte où je me suis battue que ce n’est pas ricolo. Allon au revoir cher vieux maître, Recevez mes meilleurs amitiés.
Plantureux Alexandre

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Le 1 juillet 1915,
Cher monsieur Suire, vous êtes forcés de me dire que je suis paresseux, même très paresseux. Et pourtant en ce moment je suis très heureux, très tranquille. Ce matin je suis aller dire bonjour au cousin Réné Gauthier qui est toujours très heureux lui aussi tous près des Boches. Ne lui empêche qu’il a le tonneau toujours plein de vin. Je puis vous dire quil se porte bien il est toujours très gros. Ou l’on est en ce moment c’est très calme. Mais nous en avons assez vu cette hivers. Et nous avons toujours bonne espoir. Et il y a qu’une seule chose dans ce long et difficile passage, c’est l’espoir. Espérons toujours  à une fin prochaine, Mon cousin ce join à moi pour vous envoyez son aimable bonjour ainsi qu’à Mme Suire. Vos anciens élèves qui vous serre  cordialement la main.
A Plantureux

 

Au-delà des fautes d’orthographe qui devaient nécessairement titiller le maitre d'école qu'était M. Suire, il est intéressant de noter la lucidité du combattant. En juillet 1915, il ne lui reste déjà que l’espoir.

 

18 octobre 2018

Les Poilus de Nuret-le-Ferron 1914-1918 / 2014-2018

Les Poilus de Nuret-le-Ferron.

Afin de commémorer les 100 ans de l’Armistice du 11 novembre 2018, une exposition est organisée du 6 au 11 novembre 2018, à la salle des fêtes de Nuret-le-Ferron, de 14 h à 18 h.

Consacrée aux hommes du village partis combattre en 14-18, cette manifestation présentera les biographies de 77 soldats morts lors du conflit et de 6 grands blessés de guerre, ainsi que la liste des tous les habitants de la commune ayant participé à la Première Guerre Mondiale.

Un travail qui permet d’appréhender la mobilisation dans un petit village berrichon et le traumatisme durement ressenti dans nos campagnes où toutes les familles ont été touchées, comme le démontre un arbre de cousinage qui présente les liens de parentés de 39 Poilus morts pour la France.

Après l’émouvante cérémonie du 11 novembre 2014, au cours de laquelle 18 diplômes de morts pour la France retrouvés dans le grenier de la mairie en avril 2014 avaient été remis aux familles, cette exposition vient clôturer les commémorations du centenaire de la Grande Guerre à Nuret-le-Ferron.

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16 octobre 2018

Un forum de généalogie dans l'Indre, je pense donc à mes aieux.

Octobre 2018. Louis, Jean Henri, Lucien, Alexandre, mes aieux comme dans de nombreuses familles ont combattus lors du conflitde la 1ère guerre mondiale. Certains n'en revinrent pas. Un autre n'en s'en remit jamais et décèda peu de temps après dans les années 20. D'autres revinrent et comme bien souvent ne parlèrent pas de leur guerre, peut-être de peur de lasser les vivants.
Ce week-end, se tenait le forum de la Généalogie organisé par la SGBB (Société Généalogique du Bas-Berry) et je n'ai pas pu m'y rendre, pris d'un gros rhume que j'étais. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser à mes anciens.

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Louis Bessonneau au centre (3e en partant de la gauche).

Pensée pour Louis, mon arrière grand-père paternel, le frère ainé de Lucien à qui est dédié ce blog.
Comme maçon il naviguait entre Paris 15 et la vallée de la Creuse au gré des saisons. Pensées pour lui et les sapeurs de la compagnie 9/13 du 6e Régiment du Génie de Angers.

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14 octobre 2018

Entre Marne et Flandres: octobre 1914 au 290e RI, le calme avant la tempête.

"Dans cette période, les journées se succédaient sans événement marquant. Les 268e et 290e alternaient dans les tranchées. Les bataillons au repos à Baconnes faisaient l'exercice. Un certain nombre de compagnies creusèrent des tranchées au Nord du village. Ces tranchées faisaient partie d'un système de défense établi par le Génie.
On commença à ce moment la vaccination contre la typhoïde. Les vaccinés avaient bien un peu de température mais il ne se produisit aucun accident grave.
Dans la nuit du 11 au 12, le Maréchal des Logis Pothet et le soldat Tiot essayèrent de faire un prisonnier. Ils ne réussirent pas, mais ils constatèrent que les Allemands enterraient des morts dans la tranchée, qu'il n'y avait pas de sentinelles en avant de celle-ci, mais de simples veilleurs le long de la tranchée elle-même.
Le 18, le Général Dubois revint voir les Officiers du 268e et du 290e R.I. Il énuméra et commenta les hauts faits accomplis par les régiments, ce qui avait attiré l'attention du Haut Commandement sur le Corps d'Armée, et, cela va de soi, sur son Chef. Il laissa entendre qu'on ne moisirait pas dans cette besogne secondaire de secteur, mais qu'avant longtemps on aurait l'occasion de se distinguer à nouveau dans d'autres régions.
Comme conséquence de ce discours, il apparut un beau jour, deux cavaliers à allure très simple. C'était un Général de Division, suivi de son ordonnance. Le Général parut être doux et énergique à la fois. Il était précis quoique sobre d'explications. Sa division devait en relever une des nôtres. Comme il désirait tout voir avant de donner ses ordres, il demanda au Colonel de lui donner son adjoint pour l'accompagner dans le secteur. Le Général guidé par le Lieutenant Sohier alla aux batteries et aux tranchées. Aux batteries il causa aimablement avec les Officiers. Il approuva toutes les dispositions qu'ils avaient prises. Il disait qu'il les recommanderait à ses artilleurs. Près d'une batterie avancée il y avait des tombes. Le Général s'arrêta, salua et dit : «Encore un accident.» Il poussa sa tournée aussi loin qu'il était nécessaire, sans souci du danger, mais aussi sans forfanterie. Au retour, l'ordonnance apprit au Lieutenant Sohier que le Général venait de perdre un fils dans des conditions particulièrement tragiques."

 

Sur cette période du 10 au 20 octobre 1914, le Journal de Marche du 290e RI n'indique aucun tué ou blessé. Cependant, dès le 21, le mouvement reprendra  en direction des Flandres et du secteur d'Ypres où le régiment passera les 6 prochains mois avec tant de pertes.

Le général dont il est question et qui commandait la 12e Division est le général HERR qui s'illustra en 1915 aux Eparges.

 

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Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry le 290e.

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29 août 2018

Un bilan de l'été 2018, les 12177 soldats du département.

Sur le blog annexe Indre1418soldats, nous avons fini de créer les fiches pour les années 1914 à 1919. Et oui, nous avons un peu d'avance sur le calendrier. Ce sont pas moins de 12177 fiches qui ont été crées.

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http://indre1418soldats.canalblog.com/

Ce recensement a permis jusque là de faire quelques découvertes:

- Ce sont pas moins de 1189 noms figurant sur les monuments pour lesquels nous n'avons pas trouvé de concordance certaine avec les autres sources (Un nom, une initiale ne suffisent pas toujours à identifier un défunt).

- Des cas de soldats morts pour la France ou non ont clairement été identifiés, présents sur plusieurs sources et absents sur la principale d'entre elles, le fichier Mémoires des Hommes. L'utilisation de l'état-civil "Décès" permet de faire apparaitre certains cas.
Voici par exemple, le cas du soldat Selleron de Cluis, reformé n°2 juste avant son décès, donc nécessairement Non MPF, mais dont leparcours justifie d'une mention dans le fichier national (Sa fiche matricule)

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Afin de parfaire la liste et de rajouter des données complémentaires, sous peu, nous mettrons à disposition cette liste d'incertains afin qu'éventuellement vous puissiez nous aider. Parfois un éclairage extérieur permet de sortir la tête de l'ornière.

20 août 2018

Indre et la Grande Guerre, l'ouvrage du centenaire 2014 (Réactualisé 2018)

De bonnes nouvelles du front (éditorial)

Jean Pierre Surrault, président du CREDI et de l'académie du Centre m'indique que l'ouvrage était épuisé. Cependant, il a fait l'objet d'un petit retirage de 50 exemplaires.

Il vous est donc possible de vous le procurer chez
Credi-Editions, 90 boulevard François Mitterand, 36000 Châteauroux Tel. 02 54 08 52 92.

 


 

Le CREDI (Centre de Réflexions, d'Etudes et de Documentation de l'Indre) fait bien les choses. Un bien bel opus vient de sortir de l'imprimerie et je ne peux que vous le recommander.

Les actes du colloque "L'Indre et la Grande Guerre" qui s'était tenu en 2014, ces actes viennent de sortir. Ce sont pas moins de 225 pages qui reprennent les différentes thématiques qui avaient été abordées en ce début de Centenaire.

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Le volume est vendu au prix de 25 Euros, pour les modalités et les frais de port, contactez CREDI Editions 90 avenue François Mitterand 36000 Châteauroux (02 54 08 52 92).

Cet ouvrage qui fera date dans la documentation historique indrienne. Ce sont au final pas moins de 11 thématiques qui sont abordées par 11 historiens locaux et de plus, pour les afficionados du blog Indre1418, je vous annonce (modestement) que vous y retrouverez du "Indre1418" dedans.

6 août 2018

Un peintre de Marine dans les tranchées du 9e Corps

Une très agréable surprise cet été: apprendre l'existence d'une série de croquis liée aux unités de la 9ème Région Militaire de 1914 à 1917. Ceci par un officier de l'Etat-Major du 9e Corps ce qui est déjà en soi, une excellente nouvelle, mais sa publication à venir est un plus. Je me permet donc de relayer le lancement de la souscription.

Le 9e Corps regroupa tout au long du conflit, les unités d'infanterie du département. Après contact téléphonique avec M. Jacques de Verneuil, j'apprend un peu plus de détails concernant cette série de croquis et leur illustre auteur, Paul Jobert (Sa notice sur Wikipédia). J'apprend aussi l'existence du sous-lieutenant Huart de Verneuil qui fut affecté comme officier à la section du courrier au QG du 9e CA (JMO 26N131).

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Un peintre de Marine n'est jamais un simple peintre, bien au contraire, même au travers de ses croquis, il laisse apparaitre tout son art. Je ne peux que vous inviter à découvrir le bon de souscription que M. de Verneuil m'a fait parvenir, ainsi que quelques extraits de ces croquis. Mon exemplaire de ce bon est déjà prêt à l'impression.


Le bon de souscription CroquisGuerreA7

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9 juillet 2018

Bélâbre en 1914-1918. Le bourg, les morts, la guerre.

J'aime cette période du Centenaire1418, non seulement elle met en valeur la période dans les mémoires de nos concitoyens, mais elle est aussi l'occasion de sortir des documents, des ouvrages qui n'auraient pas nécessairement vu le jour dans un autre contexte. Depuis 2014, dans le département, quelques ouvrages locaux ont permis de découvrir la persistance de cette mémoire locale. Dans chaque canton, au long de ces 4 années de commémoration, des associations, des historiens, des amateurs d'Histoire ont entrepris de retrouver les enfants du pays partis entre 1914 et 1918. Parfois se limitant à une longue liste de noms, dans d'autres cas comprenant une réelle et conséquente recherche historienne, tous ces ouvrages sont autant d'éléments importants à la compréhension de cette période suivant un angle de vue que des visions départementales, régionales ou nationales ne peuvent suppléer.

En ces débuts de période d'été, je tiens à vous faire partager une découverte. Il s'agit là d'un fascicule couvrant un secteur géographique du département que je ne connais pas beaucoup, mais le travail effectué ici me parait exemplaire des opportunités que peuvent nous proposer un accès aux archives tant départementales que locales et une utilisation raisonnée et rigoureuse.

Nous voici donc partis à la découverte des soldats de Bélâbre gràce à l'ouvrage produit par Nicole Ledroit. Celle-ci a pu bénéficier en 2006 d'un classement des archives municipales et ainsi d'y avoir un accès complet et référencé. Avec l'aide et l'apport de familles bélâbraises, voici donc un fascicule complet démontrant les études possibles à partir de ce type de sources. L'ouvrage est très bien illustré que je ne peux que me féliciter de la découvrete de certains clichés. Ah, ces photos du sergent Huet du 68eRI, des merveilles! Dans le texte présenté, j'ai aussi trouvé des réponses à des questionnements auxquels je n'avais jusqu'alors pas trouvé de réponses, par faute de temps ou par manque de connaissance des archives existantes et exploitables. J'ai ainsi particulièrement apprécié les pages concernant le nombre de mobilisés. "Combien furent-ils à être mobilisés?" cette question me fut souvent posée et en l'absence de documents référencés difficile d'y répondre. J'envie pour cela la trouvaille de Nicole Ledroit concernant les recensements de mobilisés.

Un regret: l'éternel difficulté pour trouver ces fascicules qui bien souvent ne bénéficient que d'une distribution très restreinte. Le livre est en vente au Petit Casino de Bélâbre à la librairie Cousin-Perrin au Blanc et à la librairie Arcanes de Châteauroux (88 pages-15 Euros)

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2 juillet 2018

Un mémorial familial sur les pentes de 304 - Alphonse CHAGNOLLEAU

Il est parfois des découvertes qui me touchent et le temps du Centenaire est un moment propice à ces découvertes. Mon intérêt se porte principalement sur la forme de la prise en charge de la mémoire par les familles elles-même, l'implication des familles très souvent bien loin des canaux officiels.
Toujours ému devant l'émotion sincère des familles lors des évennements qui parsèment ce Centenaire, j'en viens, par exemple à penser à la rencontre avec les descendants lors de la journée anniversaire du 9 mai 2015 à Loos en Gohelle, où il m'avait été donné l'occasion de rencontrer la famille de Léon AUGRAS, un agriculteur de Maillet.

Toujours concernant les soldats du 90e RI, sur les réseaux sociaux, très récemment, par le biais du compte  de Camille Varges Harlé @C_VargasHarle j'ai découvert un mémorial officieux rendant hommage à un soldat de l'Indre et ce sur les pentes d'un des haut-lieux des combats 14/18 des régiments de l'Indre, à savoir la Cote 304 du secteur de Verdun.

Capture304

Ainsi, sous une modeste mise en ligne de quelques clichés, j'eus l'agréable surprise de découvrir l'hommage rendu à Alphonse CHAGNOLEAU du Poinçonnet.
J'aime la modestie de l'hommage, simplement composé d'un cliché datant du service militaire (avant 1910 du fait de la présence d"épaulettes), d'un rappel de la situation du 90e RI en ce 4 mai 1916 (JMO), d'une fiche Mémoires des Hommes et d'un rappel anonyme de la filiation pour rendre hommage au grand-oncle disparus ainsi qu'à ses camarades

Natif d'Arthon en date du 1er septembre 1881, fils de Jean et de Jeanne SIMON, il réside à Lys-Saint-Georges au moment de sa conscription. Déclaré "Bon pour le service" suite au conseil de révision, il part au 10ème RI à compter du 15 novembre 1902 pour finalement être libéré le 23 septembre 1905.
Rappelé à la mobilisation, il arrive au régiment d'infanterie de Châteauroux le 12 aout 1914. Il se rend alors à la caserne Bertrand de Châteauroux.
Il est porté disparu le 4 mai 1916 à la Cote 304 à Esnes en Argonne (55).
En l'absence de témoins direct de cette disparition, le tribunal civil de Châteauroux acte de la disparition et par jugement déclaratif considère Alphonse Chagnoleau comme décédé le 4 mai 1916.
La transcription de ce jugement est effectuée à la mairie du Poinçonnet, où il est déclaré comme résident depuis son retour du service militaire en 1905.

CaptureChagnoleau1
Sa fiche matricule sur le site des AD36 (page 149 du lien)

 

La fiche d'Alphonse sur le blog Mémorial Départemental
Je comprends maintenant le commentaire qui avait été laissé en mai 2016 sur la fiche de Alphonse CHAGNOLEAU, pour le centenaire de la disparition

 

Capture0 Capture1 Capture2 Capture3

Chagnoleau Alphonse Verdun 1916

 

Sur les combats de 304, on pourra relire le témoigne de Albert Le Flohic "Il y a 100 ans, sur 304, les pénibles journées de mai 1916"

12-Combats cote 304

 

Merci à M. Riaux pour le souvenir de son aieul et de ses camarades

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