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Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

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16 juillet 2021

Le conseil de révision de la classe 1911 (Levroux)

Intéressons-nous à un de ces conseils de révision qui se tint dans le département et qui concerne la classe 1911 plus particulièrement.
Cette classe d'age est intéressante car elle connut 2 années de service à compter d'octobre 1912, avant de partir "à la guerre". Elle vécut ainsi 7 années de parcours militaire car bien souvent libérée en 1919.
Voici un cliché pris à l’issue de la séance du conseil de révision à Levroux, un des chefs-lieux de canton du recrutement de Châteauroux. Ce type de photo est typique du défilé des conscrits de l’époque. Instruments de musique, drapeaux tricolores, port de la feuille « Bon pour le service » fixée sur la casquette, tout est en place pour le chambard de la classe dans les rues du bourg.

Levroux_ConsilRevison1912_Recto_1

L’oblitération de la carte photo présentée nous permet d’obtenir une date, une heure et une localisation. Le timbre fut oblitéré le 5 juin 1912 à 14h33 et le mot Indre apparait. Pour aller plus loin dans l’analyse, il est nécessaire de se reporter au texte situé au recto de la carte.

Msieur Rousseau Gustave
Hôtel du faisan
Lunéville (Meurthe et Moselle)

Cher copain
Je fais réponse à ta carte qui m’a fait bien plaisir, mais j’ai trouvé que tu avais été un peu négligent Pour cette même occasion tu vois je t’envoie un petit groupe de la classe pris après le conseil de révision. Les habitudes de Levroux n’ont pas changés  c’est toujours la même chose, avec Clément et Pierre. La bombe est de plus en plus fréquente. Heureusement, il y en a pas pour longtemps à présent moi et les amis. La santé est toujours bonne et je pense que toi tu n’as guère changé non plus et je pense que pour la bombe tu te poses toujours un peu là. Enfin dans 4 mois le changement de vie …
Je pense aussi que tu seras un peu moins flémard pour écrire.
Un copain qui te serre la main
Grenon Raymond

D’une première lecture, nous déterminons donc qu’il s’agit donc d’un cliché pris à l’issue du conseil de révision qui se tint à Levroux au premier semestre 1912. Le lieu est d’ailleurs aisément identifiable, en effet, le bâtiment d’angle qui se trouve en arrière-plan est facilement reconnaissable. Il s’agit de l’angle de la rue Victor Hugo et de la rue Ernest Lambron et qui donne sur l’actuelle place de la République, alors place du Marché.

764_001_Modifiee CaptureLevroux

La localisation du cliché nous indique qu’à l’issue du conseil de révision, venant de la mairie, ce groupe est venu faire chambard sur un des lieux de vie important de Levroux, à savoir la place du marché.

Levroux_ConsilRevison1912_Recto1 Levroux_ConsilRevison1912_Recto2


L’expéditeur de la carte est donc le dénommé Raymond Grenon. Celui-ci figure bien sur la fiche matricule n° 1277 de la classe 1911 de Châteauroux et il effectua son conseil de révision à Levroux sous le numéro de recensement 47. Par cette fiche, nous apprenons que ce dernier se déclare mégissier et qu’il réside à Levroux. Comme il l'indique dans son texte il écrit "Enfin dans 4 mois le changement de vie …" postée au mois de juin, dans 4 mois, il sera alors octobre, le temps de l'incorporation. celle-ci se fera d'ailleurs au 1er RAC (Bourges), mais cela Raymond ne le sait pas encore.
Le destinataire de la carte est dénommé Gustave Rousseau, il s’agit d’une relation proche de Raymond Grenon, l’usage du terme copain et le registre de langage utilisé laisse supposer un niveau relationnel très proche, malheureusement, dans le cadre de cette première approche, il n’a pas été trouvé de Rousseau Gustave sur les tables matricules de Châteauroux pour les classes allant de 1904 à 1914, ce qui pourrait paraitre bizarre.
 

Levroux_ConsilRevison1912_Verso1

Deux prénoms sont dans le texte et laissent supposer que ceux-ci participent eux aussi au conseil de révision de la classe 1911 qui se tint à Levroux. Il s’agit des prénoms Clément et Pierre.

Concernant Clément, deux conscrits de la liste portent ce prénom et de plus, ont des patronymes très intéressants. En effet, nous avons ainsi Clément Eugène Anatole Grenon et Clément Gustave Rousseau. La lecture des fiches matricule nous donne la solution de l’énigme.
Clément Rousseau le destinataire est en réalité connu à l’état civil sous les prénoms de Clément Gustave (Matricule 1330). L’usage du deuxième prénom comme prénom usuel n’est pas rare. Ce dernier lui aussi mégissier se déclare le jour du conseil de révision comme résidant à Lunéville, ceci correspond donc à l’adresse d’expédition. Le prénommé Clément du corps de lettre est donc Clément Eugène Anatole Grenon (Matricule 1276). Ce dernier est vraisemblablement un « cousin » et de plus, il réside aussi à Levroux et déclare aussi la profession de mégissier.

Concernant le prénom de Pierre, deux cas sont possibles Pierre Marcel Pesson (Matricule 1312) et Pierre Gaston Rechaussat (Matricule 1320), mais rien ne permet de déterminer lequel est celui qui est cité dans le courrier.
L’envoi du cliché ne se fit qu’au moins de juin. Clément Gustave Rousseau est retourné à Lunéville et a certainement repris son activité professionnelle. Son copain Raymond lui transmet donc ce souvenir de ce moment important dans leur passage à l’âge adulte.

A propos de ce conseil de révision, après dépouillement des fiches matricules de la classe 1911 du bureau de recrutement de Châteauroux, on obtient:
Levroux fut le 13e canton concerné par la tournée du conseil de révision. En effet, à chaque session, un tirage au sort des cantons définit l'ordre de passage et donc le calendrier des conseils de révision et le trajet suivi par les membres dudit conseil.
 

FDP_Carte_ConseilRevision

Afin de comprendre le calendrier de la procédure de recensement puis d'incorporation, voici une petite frise chronologique concernant directement la classe 1911. Pour les autres classes jusqu'à la classe 1912, il suffit de décaler le calendrier par année. La classe 1913 n'est pas concernée puisque appelée en avance du fait de la loi des 3 ans concernant la durée du service militaire.

CaptureFrise_Incorporation

Concernant spécifiquement le canton de Levroux et la classe 1911, nous avons donc:

  • Nombre d'habitants en 1911: 10815
  • Nombre de conscrits appelés au conseil de révision: 110 soit 1,02% des habitants du canton, sachant que la moyenne départementale est de 0,80%. Le canton peut donc être considéré comme ayant potentiellement une moyenne d'age inférieure à la moyenne départementale.
  • Taille moyenne des conscrits: 165,72 cm pour une moyenne départementale de 166,19 cm
  • Niveau d'Instruction: 2,49 pour une moyenne départementale de 2,43
    Pour rappel: 0 : ne sait ni lire ni écrire 1 : sait lire seulement 2 : sait lire et écrire 3 : possède une instruction primaire plus développée 4 : a obtenu le brevet de l'enseignement primaire 5 : bachelier, licencié, etc.
  • Résidence des conscrits: 45,45% des conscrits de Levroux demeurent dans leur commune de naissance à la conscription, alors que la moyenne départementale est de 53.23%, le canton de Levroux perd ses natifs. 27% sont installés dans le reste du département, avec une moyenne départementale de 22.42%, le canton de Levroux voit donc partir ses natifs expatriés vers d'autres départements. 

Des 110 conscrits de la classe 1911, 22 décédèrent lors du conflit, soit 20%. 20 décédèrent alors rattachés à une unité d'infanterie (RI, BCP, BCA, ...), 2 se dépendaient de l'artillerie. A cela, il faut indique les affectations d'incorporations suivantes (en 1912): 

 

   

Types Unités Incorporation

   

Infant

Artillerie

Génie

Cavalerie

SIM

Train

SCOA

Autres

Levroux

110

71

64,55%

18

16,36%

1

0,91%

8

7,27%

1

0,91%

1

0,91%

2

1,82%

3

1,83%

 

Concernant les 22 qui décèdèrent entre 1914 et 1918, 2 succombèrent en 1914 à Levroux, à leur domicile avec des causes de réforme ne concernant pas le conflit (réforme n°2).

Lors du passage en conseil de révision, les conscrits sont classés suivant 7 catégories. Les absents sont systématiquement classé "bon pour le service" en catégorie 1.

Capture

On dénombre ainsi:

  • Catégorie 1:  96 conscrits dont 5 absents
  • Catégorie 2: 3 conscrits (2 avec déformation pouce et 1 avec varices)
  • Catégorie 3: 3 conscrits (1 engagement au 90e RI de Châteauroux et 2 pour les Equipages de la Flotte)
  • Catégorie 5: 5 conscrits pour faiblesse (qui repasseront donc à la prochaine session) Parmi les 5, 3 seront catégorie 1 avec la classe 1912 en 1913 et seront affectés au Service Auxilaire catégorie 2 (Artillerie et Remonte) 

On trouve aussi 2 exemptés et 1 rayé des listes puisqu'inscrit à Paris 3e Bureau.

Les 110 conscrits de la classe 1911 de Levroux, bureau de recrutement de Châteauroux:

1236 Levroux 1 ARTEIL Joseph
1237 Levroux 2 BAILLY André
1238 Levroux 3 BARBOTIN Abel Désiré
1239 Levroux 4 BARBOUX Auguste
1240 Levroux 5 BARD Georges
1241 Levroux 6 BARRAULT Henri
1242 Levroux 7 BERNIER Joseph Silvain
1243 Levroux 8 BERTHIN Marcel Jean
1244 Levroux 10 BODIN Marcel Joseph
1245 Levroux 12 BORDAY Albert
1246 Levroux 13 BORGEAIS Louis Léon
1247 Levroux 14 BOTTIN Jean Baptiste Théodore
1248 Levroux 16 BRIMBAULT Alexandre Louis
1249 Levroux 17 BRUERE Charles
1250 Levroux 18 CAILLET Jules Désiré
1251 Levroux 19 CATHERINEAU Louis Julien
1252 Levroux 20 CATHERINOT Octave
1253 Levroux 21 CHAMPIOT Augustin
1254 Levroux 22 CHARBONNIER Louis Ernest
1255 Levroux 23 CHARBONNIER Maximilien
1256 Levroux 24 CHARPENTIER Alphonse
1257 Levroux 25 CHAUVEL Raoul Jules Frédéric
1258 Levroux 26 CHAUVIN Alphonse
1259 Levroux 28 CLEMENT Léon
1260 Levroux 29 COUDRAY Albert
1261 Levroux 30 COUTANT Albert
1262 Levroux 31 DARNAULT Henri Georges
1263 Levroux 32 DAUDET Lucien Joseph
1264 Levroux 33 DAUMAIN René Abel
1265 Levroux 34 DENIS Marc Henri
1266 Levroux 36 DESIRE Térence Henri
1267 Levroux 37 DUCROT Louis François Henri
1268 Levroux 38 FERRE Henri Alexandre
1269 Levroux 39 FERRE Prudent Florent Désiré
1270 Levroux 40 FREMONT Gustave
1271 Levroux 41 GAUGRY Victor
1272 Levroux 42 GAULTIER Maurice André
1273 Levroux 43 GILLET Georges Joseph
1274 Levroux 44 GODARD Maurice Aristide
1275 Levroux 45 GRELET Georges Didier
1276 Levroux 46 GRENON Clément Eugène Anatole
1277 Levroux 47 GRENON Raymond
1278 Levroux 48 GRIMAULT Charles Eugène
1279 Levroux 49 GUILLON Eugène
1280 Levroux 50 GUILPAIN Emile
1281 Levroux 51 HANNEQUIN Lucien
1282 Levroux 52 HERVET Georges
1283 Levroux 53 HERVET Robert Jules
1284 Levroux 54 HUET Eugène
1285 Levroux 55 HUET Marcel Martial
1286 Levroux 56 JOFFRE Hubert
1287 Levroux 58 JOINAUX Jean Victor
1288 Levroux 59 JOURNOUX Joseph Henri
1289 Levroux 60 LACOTE Ferdinand
1290 Levroux 61 LACOTE René
1291 Levroux 62 LARUEL Michel Ernest
1292 Levroux 63 LECLERC Jules Georges
1293 Levroux 64 LECONTE Marcel
1294 Levroux 65 LESECHE Alexandre
1295 Levroux 66 LIMET Gustave
1296 Levroux 67 LOISEAU Alexandre Joseph
1297 Levroux 68 MADROLLE Georges Fernand
1298 Levroux 69 MAILLET Alexandre
1299 Levroux 70 MALASSINET André Auguste
1300 Levroux 71 MARDON Louis Joseph
1301 Levroux 72 MAUDUIT René Lucien
1302 Levroux 73 MAUPOUX Léopold Alphonse
1303 Levroux 74 MEZIER Alphonse
1304 Levroux 75 MOREAU Paul André
1305 Levroux 76 PALLEAU Raymond Louis
1306 Levroux 78 PENIN Emile
1307 Levroux 79 PERIEAU Luc
1308 Levroux 80 PERON Henri
1309 Levroux 81 PEROT Léon Gustave
1310 Levroux 82 PERRAULT Octave
1311 Levroux 83 PERRIOT Camille
1312 Levroux 84 PESSON Pierre Marcel
1313 Levroux 85 PILORGET Jules
1314 Levroux 86 POIRIER Alphonse Hubert
1315 Levroux 87 PREVOST Auguste Henri
1316 Levroux 88 PUARD Julien
1317 Levroux 89 RABATE Lucien Adrien
1318 Levroux 90 RABATE Paul
1319 Levroux 91 RAPHANAUD Léon Charles
1320 Levroux 92 RECHAUSSAT Pierre Gaston
1321 Levroux 93 RENAULT Gustave Charles
1322 Levroux 94 RENAULT Marcel
1323 Levroux 95 REUILLON Auguste
1324 Levroux 96 RICHARD Henri Joseph
1325 Levroux 97 RICHARD Louis Léon
1326 Levroux 98 RIMBERT Alexandre
1327 Levroux 99 ROBERT Joseph
1328 Levroux 100 ROGIER Alcide Emile
1329 Levroux 101 ROUET Henri Joseph
1330 Levroux 102 ROUSSEAU Clément Gustave
1331 Levroux 103 ROUSSEAU Robert Eugène
1332 Levroux 104 SAINSON Louis Julien
1333 Levroux 105 SALLE Désiré
1334 Levroux 106 SALMON Marcel
1335 Levroux 107 SEMION Maurice Alphonse
1336 Levroux 108 SOUDET Paul
1337 Levroux 109 THERET Eugène
1338 Levroux 110 TISSIER Fernand
1339 Levroux 111 TISSIER Jean Baptiste
1340 Levroux 112 TISSIER Jean Baptiste Léocade
1341 Levroux 113 TURIER Lucien
1342 Levroux 114 VALLET Camille Maurice
1343 Levroux 116 VINCENT Marcel Alphonse

 


 

La suite de l'étude concernant la classe 1911 avec les cantons de Argenton sur Creuse et Eguzon. 

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26 avril 2021

Fonds Valois BDIC/ECPAD/IWM - Le 68e RI à Loos à l'automne 1915 (2016 Mise à jour 2025)

Il est des découvertes que j'aime partager.
L'avantage évènementiel du Centenaire 1914-1918 est de voir que nombreuses sont les institutions qui ouvrent leurs fonds au public. Une des plus remarquables est la mise à disposition du fonds Valois par la BDIC (Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine).
Qu'est ce que le fonds Valois? Il s'agit de la collection de photographies qui a été constituée à partir des clichés pris, lors du conflit, par les opérateurs par la Section photographique des Armées (SPA), - Pour accéder à la partie numérisée et en ligne, il est possible d'utiliser le module de recherche sur le site https://argonnaute.parisnanterre.fr/

Il est important de noter que les clichés sont libres de droit et de d'utilisation. Bien évidemment, en échange, il est demandé de simplement signaler la source du cliché (Fonds Valois - BDIC).
Les clichés sont disponibles en 300 dpi et en fichier JPEG, ce qui permet une certaine facilité d'utilisation.

Que trouver dans ce fonds? Je suis bien loin d'avoir exploré la totalité des clichés, mais l'usage de mots clés m'a cependant permis de trouver quelques pépites que je vous présenterais au fil de plusieurs publications. N'hésitez pas à user et abuser des mots clés.
Attention cependant, le référencement par mots clés est cependant restrictif. Je n'ai ainsi pas pu trouver le cliché à partir de "68e", mais bien à partir de "Loos" (Loos en Gohelle 62), et encore à condition de ne pas confondre avec Loos qui se trouve dans le département du Nord (59).

Tout d'abord, certainement mon cliché préféré:

2 soldats du 68e RI dans les tranchées du secteur de la Pépinière de Loos.

Capture

URL sur l'Argonaute: https://argonnaute.parisnanterre.fr/ark:/14707/a011432125253AuDDuU/9249b08629

 

Pourquoi choisir ce cliché?
Tout d'abord pour l'unité des soldats présents, car il s'agit effectivement de 2 soldats du 68e RI, le numéro d'unité est lisible sur les pattes de col de la capote bleu horizon du soldat au premier plan. De plus, je me peux m'empêcher d'être troublé par la gravité de ce regard fixant l'objectif.

CapturePepinière3

Avant d'entamer une petite étude du cliché, il est à noter que ce même cliché figure dans les collections de Imperial War Museum de Londres. Certes de moins bonne qualité, un autre exemplaire est visible à cette adresse http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205214993
La légende du cliché donne alors:

Object description
A French soldier at the listening post, twenty metres from the German line in the Nursery Sector of the "Entent Cordiale" trench, south-east of Loos, 22 December 1915.

Revenons au cliché de l'Argonnaute. Comme tous les clichés consultables sur ce site, il apparait des annotations en marge de la photographie:

Loos
22 novembre 1915
Secteur de la pépinière - Tranchée de l'entente cordiale - Poste d'écoute à 20 mètres des Allemands.

On notera la similitude en les 2 légendes que ce soit pour la BDIC ou l'IWM. Seule diffère le mois de la prise de vue.

Rentrons dans le détail de ce cliché: Il s'agit très exactement de Loos en Gohelle, dans le département du Pas de Calais (62). Le secteur de la Pépinière est le sous-secteur Sud du secteur de Loos dans lequel les unités de la 17e Division se relayèrent.

CaptureJMO68_19151122 CaptureJMO68_19151222
Sources: 22/11/1915 et 22/12/1915 dans le JMO du 68e RI - Mémoires des Hommes

La consultation du Journal de Marche du 68e RI, ne permet pas de trancher sur le mois de la visite du photographe. Tant à la date du 22 novembre 1915 qu'à la date du 22 décembre 1915, le 68e est en ligne dans le sous-secteur de la Pépinière.

Quel est ce secteur de la Pépinière?

AFGG_19151011_1
sources: AFGG -Mémoires des Hommes (situation au 11 octobre 1915)

Ce secteur est positionnable précisément grâce à la consultation du Journal de Marche de la compagnie 9/1 du 6e Génie (Compagnie divisionnaire du génie rattachée à la 17e Division), il est alors possible de mieux visualiser le secteur Sud dit de la Pépinière

SHDGR__GR_26_N_1288__002__0007__T_2
Sources Mémoires des Hommes - JMO 9/1 6e Génie

10584023_863734650408979_114715580839488092_n
Sources Mémoires des Hommes - JMO 9/1 6e Génie

 

La légende du cliché BDIC indique que nous sommes au sein d'un poste d'écoute, donc en avant de la tranchée de première ligne. Il s'agit, sur le plan ci-dessus, d'un des points nommés G1 à G7


La superposition des cartes anciennes et actuelles nous positionne à Loos-en-Gohelle, au nord de la Zone d'activités du Grand Mont, entre la cimetière britannique de Loos et la Route de Lens, juste au  Nord-Est du double crassier actuel du 11/9

Geoportail - GoogleMaps

Analysons maintenant le cliché:

Les 2 soldats sont équipés typiquement avec la tenue de l'hiver 1915-1916. La capote est de couleur Bleu-horizon et est un modèle 1914 et le casque Adrian est présent.
La capote modèle 1914 est caractérisée par la présence d'au moins une poche sur la poitrine et par une seule rangée de boutons. Il y eut plusieurs types en fonction des coupes et ajustements vestimentaires, ainsi, le 2e type vit la disparition de la poche droite de poitrine voir la disparition des 2 poches de poitrines.
Le point notable au niveau vestimentaire est la présence d'un couvre casque en drap. Celui-ci apparut effectivement  à l'automne 1915 pour finalement être retiré réglementairement fin 1916.
Le soldat situé à l'arrière plan, en plus des bandes molletières réglementaire porte des guètres de cuir, qu'il a gardé de son ancienne tenue datant d'avant l'apparition du bleu-horizon.

Ce soldat assis sur la banquette de tir, utilise un périscope de tranchée afin d'observer l'ennemi qui est situé à proximité (20 mètres d'après la légende de la photo).

Le Petit Journal - 22 janvier 1915

On notera que plusieurs clichés ont été pris ce même jour dans les tranchées du secteur. On en trouve trace soit sur l'Argonaute, soit sur le site d' IWM.

 CaptureARGON_Pepiniere CaptureARGON_Pepiniere1
2 autres clichés BDIC pris à la Pépinière de Loos le 22 novembre 1915

https://argonnaute.parisnanterre.fr/ark:/14707/a011432125253bVxHyh/21c72d79c6

https://argonnaute.parisnanterre.fr/ark:/14707/a011432125253ojCXP1/e573a1c28e

 


Toujours concernant le séjour du 68ème RI dans le secteur de Loos, voici une autre étude dans un secteur très proche, toujours en Artois, mais cette fois à la Cité des Cornailles: Hommage à Paul Moulins de Cluis


 MISE A JOUR 2021 - 1

Une mise à jour que je n'avais pas prévu mais qui fait suite à un fil de discussion sur Twitter avec divers membres de la communauté 1418 et notamment le directeur de l'ECPAD, M. Laurent Veyssière.
Alors que nous abordions le sujet de l'origine des clichés et que je diffusais le lien vers le présent message, M. Veyssière me fit l'énorme* surprise de diffuser la version originelle du cliché présenté en début de message et ayant fait l'objet de l'analyse ci-dessus.



Ce cliché connu à l'ECPAD sous la référence SPA 1S19 (SPA Service Photographique de l'Armée) et l'opérateur, auteur de ce reportage, est aussi connu. Il s'agit de Emmanuel MAS.
Dans la même discussion, il me transmet un cliché pris par le même opérateur, le même jour mais dans le secteur de la Carrière. Une recherche complémentaire est nécessaire, je reviendrais ultérieurement sur le sujet.

Ez67Q1fXsAIHzvx
ECPAD - SPA 1S19
Merci à Laurent Veyssière

* Dans mon texte de ce soir, l'usage de l'adjectif Enorme n'est pas galvaudé. Passer du temps, venir, revenir, re-revenir sur un message, le fignoler, l'ajuster, le compléter est effectivement un énorme plaisir.


 

 MISE A JOUR 2021 - 2

Via le compte Facebook @musee2Gmeaux du Musée de le Grande Guerre du Pays de Meaux, je découvre un exemplaire colorisé d'une des photos de la série:
il s'agit d'un exemplaire du magazine Archeologia de Novembre 2016.

201919962_4394139053943974_7706658519097727929_n

 

 

 

 

collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf

collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
26 avril 2021

« Pour les belges, y’en a plus », le parcours de Pierre, un légionnaire de Sainte-Sévère.

Il est parfois des soldats tant dans leur description physique que dans leur parcours de vie et de combat, on sait que l’on a affaire à des soldats particulièrement aguerris.
Pierre est né en 1888 à Sainte Sévère, une commune du sud du département de l’Indre, à la frontière avec le département de la Creuse.
Bien que né en novembre 1888, il est rattaché au moment de sa conscription avec la classe 1909, il est classé dans la 1ère partie de la liste de la classe 1910, celle des « bon pour le service ».

Dans la rédaction de la fiche matricule, il est alors détaillé comme étant d’une taille peu habituelle pour l’époque, à savoir 1m 81. Un « géant » au milieu des conscrits d’alors. Pour comparaison, la taille moyenne de la classe 1911 du recrutement de Châteauroux est de 1m66. Il est aussi à noter que bien que rattaché au bureau de recrutement de Châteauroux, il est sous la responsabilité de sa grand-mère demeurant à La Châtre suite aux décès de ses deux parents. Au moment de la conscription, il est déclaré comme résidant à Paris et déclare alors la profession de plombier (type écriture différente, rajout ultérieur sur la fiche matricule).
Suite à la conscription liée au recensement, il est inscrit comme n°1 sur la liste de recrutement cantonal, ce qui est normal, les "bons absents" sont consiérés comme "Bons pour le service" par défaut
Alors commence l'aventure, à la suite de son état-civil, le détail de ses états de services est assez éloquent et commence bien avant la conscription. Dans l’année 1908, il enchaine les condamnations.

  • 13 août 1908 : 4 mois de prison (sursis 5 ans) pour vol – tribunal de Versailles
  • 10 septembre 1908 : 8 jours de prison pour filouterie d’aliments – tribunal de Versailles
  • 17 septembre 1908 : 2 mois de prison pour outrages à agents – tribunal de Versailles
  • 8 avril 1909 : 3 mois de prison pour filouterie d’aliments – Cour d’appel de Paris

Toujours est-il qu’au vu de ces antécédents, libre de ses gestes, il est convoqué le 1er octobre 1910 pour effectuer son service militaire au sein du 2e Bataillon d’Infanterie Légère d’Afrique. Ne se présentant pas, il est déclaré « Insoumis » à la date du 4 décembre 1910.
De là, plus aucune nouvelle jusqu’au 18 avril 1918 où il est rayé du « Contrôle des Insoumis ».

Que s’est il passé pour que ce changement majeur intervienne dans son dossier ?

En réalité, Pierre est insoumis, mais .... Tout en changeant son patronyme, il s’engage dans la Légion Etrangère et déclare la nationalité belge. En effet, le 16 novembre 1909, il signe un engagement de 5 ans pour le 1er Régiment Etranger sous le patronyme de Wantier Edmond. Il arrive au corps le 22 novembre 1909 et ce comme légionnaire de 2e classe. Sa fiche matricule l’indique comme ayant à son actif plusieurs campagnes en Algérie et au Sahara.

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Je me permet là, un petit aparté concernant son physique et son parcours. Avec ses yeux bleus, son mètre 81 et son parcours « saharien », nous ne sommes pas loin de l’image du légionnaire imaginaire chanté par Edith Piaf.

On rappelera aussi que nous fêterons bientot les 158 ans de Camerone et que nous avons récemment fêté les 190 ans de la Légion Etrangère:

Louis-Philippe, roi des Français, à tous présents et à venir salut ;

Vu la loi du 9 mars 1831 :
Sur le rapport de notre Ministre Secrétaire d’État au Département de la Guerre : Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1 - Il sera formé une Légion composée d’Étrangers. Cette Légion prendra la dénomination de Légion Étrangère.
Art.2 - Les bataillons de la Légion Étrangère auront la même formation que les Bataillons d'infanterie de ligne.
Art.3 - Pour la solde, les masses et son administration, la Légion Étrangère sera assimilée aux régiments français. L'uniforme sera bleu avec le simple passepoil garance et le pantalon de même couleur, les boutons seront jaunes et porteront les mots Légion Étrangère.
Art.4 - Tout Étranger qui voudra faire partie de la Légion Étrangère ne pourra y être admis qu'après avoir contracté, devant un sous-intendant militaire, un engagement volontaire.
Art.5 - La durée de l'engagement sera de trois ans au moins et de cinq ans au plus.
Art.6 - Pour être reçus à s'engager, les Étranger devront n'avoir pas plus de quarante ans, et avoir au moins dix-huit ans accomplis, et la taille de 1m55. Ils devront en outre être porteur d'un certificat d'acceptation de l'autorité militaire constatant qu'ils ont les qualités requises pour faire un bon service.
Art.7 - En l'absence de pièces, l’Étranger sera envoyé devant l'Officier Général qui décidera si l'engagement peut être reçu.
Art.8 - Les militaires faisant partie de la Légion Étrangère se pourront rengager pour deux ans au moins et cinq ans au plus. Les rengagements ne donneront droit à une haute paie qu'autant que les militaires auront accompli cinq ans de service.
Art.9 - Notre Ministre Secrétaire d’État au Département de la Guerre est chargé de l'exécution de la présente ordonnance. Par le Roi :

Le Ministre Secrétaire d’État de la Guerre Signé : Maréchal SOULT Duc de Dalmatie
signé : LOUIS-PHILIPPE


Quelques aléas apparaissent encore dans son parcours, ainsi le 5 septembre 1912, il est condamné à 2 ans de prison par le 2e Conseil de Guerre d’Oudja pour outrages à un supérieur en dehors du service et destruction d’actes originaux. La peine est réduite à 8 mois en juillet 1913. Il passe alors au 2e Régiment Etranger en novembre 1913. Il est affecté « Aux Armées » (au front) le 30 septembre 1914, venant d'Algérie. Sa conduite lui permet de passer Caporal le 17 avril 1915 et il retourne au 1er Etranger à compter du 1er Septembre 1916.

Sur sa fiche matricule en mars 1918, intervient un élément important dans son parcours. Une décision ministérielle réattribue son nom de naissance au légionnaire WANTIER. Il redevient alors Pierre DIONNET de la classe 1909 du recrutement de Châteauroux.
Dès le mois suivant, il est rayé des contrôles de l’insoumission. Ainsi, le 26 aout 1918, la Cour d’Appel de Lyon prononce sa réhabilitation.

Entre temps, le 26 avril 1918, Pierre DIONNET était tombé sur les terres de Somme, dans la zone de Cachy. Il fut alors déclaré « Mort pour la France »
Il est à noter qu’il apparait bien avec son patronyme de naissance sur les listes de pertes du Journal de Marche et Opérations du RMLE (Régiment de Marche de la Légion Etrangère). Cela nous permet de découvrir son affectation à la Compagnie de Mitrailleuses (CM3) de la 3ème Compagnie.

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SHD Journal de marche du RMLE 26N862

Son acte de décès fut transmis à la mairie de Paris 15e, le 20 aout 1919. Il figure à ce titre sur le Livre d’Or de Paris 15 et sur le monument parisien duPère Lachaise (Paris 20). Aucun monument et aucune sépulture de l’Indre porte son nom tant à Sainte-Sévère son lieu de naissance, qu’à La Châtre lieu où résidait sa grand-mère, tutrice.

A la lecture de sa fiche matricule, il apparait qu’il est cité 2 fois à l’ordre de la Brigade (1916 et 1917) et 1 fois à l’Ordre de la Division (1917). Il est pour cela décoré de la Croix de Guerre avec 3 étoiles (2 de Bronze et 1 d’Argent).

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Sa fiche sur Indre1418soldats : http://indre1418soldats.canalblog.com/archives/2018/04/26/35887450.html

Sa fiche Mémoires des Hommes (rédigée sur un modèle 1921): https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239e48859460/5242bd5ea05e3

Sa fiche Matricule : http://www.archives36.fr/ark:/30439/s005a81acd4a2067/5a81acd4f1542

A propos de l'attaque du 26 avril 1918 sur le secteur de Cachy par la Légion Etrangère et le RMLE (Régiment de Marche de la Légion Etrangère) le journal de Marche et Opérations du RMLE est particulièrement bien détaillé: https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e0052791ee85be07/52791ee969c89

 

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Les pertes du 26 avril 1918 au sein de RMLE (Journal de Marche et Opérations):

  • 120 tués dont 5 officiers
  • 497 blessés dont 7 officiers
  • Disparus 205 dont 1 officier

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Le Petit Journal -Janvier 1918

18 mars 2021

1.707 retours de corps en Bas-berry, il y a 100 ans (2013 Réactualisation 2021)

17, 18, 19 mars 1921. Voilà une période bien particulière, nous en fêtons le centenaire en ce moment. Ces dates sont à retenir, car elles correspondent aux dates de l’arrivée du premier convoi officiel de « retours de corps » depuis les différents champ de bataille.
Au fil des décès, au fil du conflit, certaines dépouilles avaient effectué le voyage de retour au pays, mais cela supposait un décès en dehors de la Zone des Armées, bien souvent dans un hôpital bien loin du front. Seulement dans ces cas, les familles avaient l’autorisation de rapatrier le corps du défunt et ce à leurs frais.
Ces retours de corps restent difficiles à appréhender et à détecter, en l’absence de sources fiables, qui auraient permis une comptabilité précise.

Or en avril 2013, sur les conseils de M. Lacour de Châteauroux, j’entrepris de dépouiller et saisir en base de données les 1707 retours de corps officiels qui eurent lieu tout au long des années 1921 et 1922.
En effet, sous la pression des politiques locaux, aux mêmes sous la pression des familles, l'Etat autorisa le retour des corps des défunts, depuis le front jusqu'aux communes des familles. Cette prise en charge était effectuée par l'Etat, à la demande des familles. Les frais engendrés étant à la charge de l’Etat, des factures sont envoyées à la préfecture afin de remboursements, tant des frais engagés par les communes ou par les intermédiaires.

Pour comprendre cette opération logistique de grande envergure, je vous conseille la lecture de "Corps perdus, corps retrouvés. Trois exemples de deuils de guerre". de Stéphane Audouin Rouzeau In: Annales. Histoire, Sciences Sociales, 55e année, N. 1, 2000. pp. 47-71.

Mais aussi de cet article :

Le transfert des corps des militaires de la Grande Guerre Par alain-raoul (15/12/2015)

Dans le cas du département de l'Indre, les transferts s'effectuèrent sur les 2 années 1921 et 1922. Le premier convoi est parti en date du 16 mars 1921 et le dernier en date du 27 décembre 1922. Ce ne sont pas moins de 1707 corps qui revinrent ainsi dans le département, par le biais de 74 convois. On trouve dans ces dossiers, une foultitude de mentions intéressantes (adresse familles, horaires des trains locaux, fiches de coût de prise en charge par les autorités locales, demandes de renseignements par des familles, ...)

Revenons donc à la date du 17 mars 1921. Cette date correspond à l’arrivée dans le département d’un convoi en provenance de la Gare de Répartition de Creil (Oise). Ce convoi d’abord à destination de la gare régionale de répartition de Vierzon et qui, à partir de là, se dirige vers Châteauroux et ce afin d’y arriver le 17 mars 1921 à 13h41. Ce sont donc 68 cercueils qui arrivèrent à la gare « Paris-Orléans » de Châteauroux. Une fois arrivés, les cercueils sont transbordés vers les différentes lignes locales, afin d’arriver dans les communes de destination des cercueils, à la demande des familles.

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Azay le Ferron (1), Argenton (4), Ardentes (1), Ambrault (1), Arthon (1), Baraize (1), Chabris (1), Cluis (1), Chatillon (1), Chitray (1), Chasseneuil (2), Châteauroux (5), Chantôme (1), Chaillac (2), Déols (1, Diors (1), Eguzon (1), Gargilesse (1), Issoudun (2), Lureuil (1), Lingé (1), Le Blanc (2), Levroux (1), Le Péchereau (1), La Berthenoux (1), La Châtre (1), Lourdoueix-Saint-Pierre (1), Le Pin (1), Méasnes (1), Mézières-en-Brenne (2), Moulins-sur-Céphons (1), Neuillay-les-Bois (1), Neuvy-Pailloux (1), Neuvy-Saint-Sépulchre (2), Orsennes (1), Orville (1), Préaux (1), Reuilly (2), Sazeray (1), Sainte-Lizaigne (1), Saint-Marcel (1), Sainte Sévère (1), Sainte-Gemme (1), Saint Hilaire (1), Saint-Benoit-du-Sault (1), Tournon-Saint-Martin (1), Thizay (1), Thenay (1), Vicq-sur-Nahon (2), Vatan (1), Villentrois (1), Vineuil (1), Villedieu (1).

Toute cette liste de communes destinatrices des dépouilles ne présage pas de la gare de destination suite au transbordement. Ainsi, les cercueils à destination de Gargilesse et du Pin sont envoyés à la gare du Menoux.  Dans le même ordre d’idée, à la gare de La Châtre sont affectés le cercueil à destination de La Châtre mais aussi celui à destination de La Berthenoux.

Les communes de Lourdoueix-Saint-Pierre et Méasnes, bien que situées dans la Creuse, font l’objet d’un transbordement à Châteauroux avec transfert vers la gare d’Aigurande. 

De Châteauroux nous avons donc 5 départs dans 5 directions qui sont prévus :

  • En direction de Limoges, train n°1903 du 19 mars 1921 à 4h05 – 24 cercueils, 11 wagons (gares d’Eguzon, Argenton, Chitray, Le Menoux, Le Péchereau, Cluis, Tournon-Saint-Martin, Saint-Gaultier, Le Blanc, Chabenet, Saint Hilaire)
  • En direction de Vierzon, train n°1854 du 19 mars à 5h34 – 10 cercueils, 5 wagons (Reuilly, Sainte-Lizaigne, Issoudun, Neuvy-Pailloux, Montierchaume)
  • En direction de Tours, train 788 du 18 mars à 6h15 – 11 cercueils, 3 wagons (Vendoeuvres, Buzançais, Saint Michel-en-Brenne, Lingé, Ecueillé, Chatillon, Villedieu)
  • En direction de Montluçon, train 2261 du 19 mars à 6h15 – 10 cercueils, 5 wagons (Champillet, Urciers, La Châtre, Aigurande, Neuvy-Saint-Sépulchre, Ardentes)
  • A destination de Châteauroux (en local ou transit) – 13 cercueils, 5 wagons (Valençay, Vicq-sur Nahon, Moulins-sur-Céphons, Levroux, Vineuil). Les destinations vers Châteauroux, Arthon et Déols induisent un transfert local sans moyens de transport par chemin de fer.

 Ces listes sont accompagnées de divers papiers liés à l’activité préfectorale et sont ainsi stockées aux Archives Départementales. En effet, l’Etat prenant en charge les frais engendrés, on trouve ainsi des états de dépenses communaux qui sont envoyés à la préfecture pour remboursement. A titre d’exemple, nous trouvons pour la commune d’Argenton, un « Relevé des sommes dues aux manutentionnaires ayant effectué à Argenton, le transbordement du réseau P.O. sur le réseau des tramways, des cercueils contenant les restes des militaires « Morts pour la France » et restitués à leurs familles».

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A partir de là, au moment de l’arrivée en gare, les cercueils sont pris en charge par la commune et les familles pour ensuite une inhumation au cimetière communal. Dans ces journaux, Raymond Rollinat note en date du 19 mars 1921, « Obsèques des soldats Varaillon, Demay, Petit et Dubois, tués à l’ennemi. Argenton, gare et cimetière » De là, il prend une série de (clichés ayant trait aux cérémonies).


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Voici donc, par communes, la liste des corps rapatriés dans le département. Je reste bien évidemment à votre disposition pour de plus amples renseignements.

Sources: Archives départementales Indre 791W118 à 120

 Pour des raisons de lisibilité du message, j'ai enlevé la (trop) longue liste et mis à dispo mon fichier. Pour visualiser ce fichier excel complet (feuille protégée):

cliquez -> Classeur_RetourCorps_VersionBlog

Avant d'entamer la liste: quelques explications supplémentaires, pour les statisticiens :-)

A la question souvent posée concernant les pourcentages et les données départementales, voici quelques chiffres que je vous laisse malaxer:

  • Recensement de 1911: 287.673 habitants dans l'Indre
  • Classes 1878-1919 (classes mobilisées pendant le conflit): 141.771 Fiches matricules (mais pas tous mobilisés)
  • Sur les monuments aux morts: 11.646 noms mais la disparité des noms, les doublons, les manques laissent présager un chiffre à relativiser
  • Dans les fiches MDH: 10601 fiches de natifs du 36, mais seulement 9.682 fiches ont un recrutement "Chateauroux + Le Blanc".Et oui, l'exode rural (vers Paris notamment) était déjà d'actualité.
  • Il y a certainement eu d'autres retours de corps, mais combien?
    Concernant ceux-ci, il est à noter que de nombreux cas rencontrés correspondent à des décès dans des hôpitaux de l'arrière. La famille eut donc la possibilité de rapatriement du corps sans en passer par la voie ministérielle.

Donc si je vois large: 1700 retours de corps pour environ 11 à 12000 tués soit environ 15% et c'est un minimum.

En 2019, suite à un collectage de pas moins de 8000 clichés (Merci notamment à Alain Bréjaud et Huguette Mauduit) un recensement des sépultures et des lieux de mémoire sur le territoire national est entamé. A la date du 31/04/2019, pas moins de 6200 sépultures ou lieux de mémoire étaient recensés au niveau national puisqu'incluant les sépultures en nécropoles nationales.

100 ans après, une sépulture berrichonnne quasi oubliée (collection de l'auteur)

Sep2018

 

 

 

19 janvier 2021

Aux soldats de Sougé tombés au Champ d’Honneur 1914-1918: "Tempête au vieux moulin"

Poème aux soldats - Betty Jacquey (J'ai glané pour vous) - 1963 -2

 

Quanq’ et l’vent s’éleuve en tempête,Sougé 14-18 - Cliché Alain Bréjaud
On dirait la voex d’un j’teu d’sort
A chant’ pour moé des chous’s secrètes
L’ieau qui coul’ sous l’vieux moulin mort.

Am’ dit : « rappell’ toé d’un’ journée,
Qu’t’endais des pâs dans l’chémin,
C’atait l’soer à la nui tombée ;
Des gâs qu’allint vers leu destin ».

Des enfants dé nout’ bounn’ vieille terre,
Attachés à yeu vieux Berry,
Et qui partint pour fair’ la guerre,
Mais qui d’vint pus jamais r’veni.

C’était à l’époqu’ des tranchées,
Dans l’ieau, la bornill’ jusqu’aux g’noux.
Les polus, pendant des années,
Ont défendu l’sol dé cheux nous.

Des foés, quaq’ c’est qué j’voés des nuages,
Rog’s sang à l’horizon bleuté,
J’cré aparcevoir les visages,
D’ceux de Sougé qui s’sont en allés.

Il ‘ tint heureux dans nout’ village,
J’les voés encor rir’ et chanter,
Y travaillint anq’ tant d’courage,
La terre à l’omb’ dé ieu clocher.

Y en a t’y encor qui y r’pense ?Sougé 14-18 - Cliché Claude Nivet
J’avons vu tant d’affer’s depuis,
Qué j’ons pu’l’culte dé la souv’nance,
Pourtant des jours coumme aujord’hui.

Quanq’ et l’vent baliy’ les feuill’s mortes,
Et qu’l’avers’ tombe au vieux moulin,
Tout douc’ment j’entrouvert’ ma porte,
J’écoute en r’gardant dans l’chémin.

J’cré entendr’ dans l’bruit d’la rafale,
Des pâs dans l’mystèr’ dé la nuit,
J’les r’connais les ombr’s qui dévalent,
C’est ceux pour gâs qui d’vont r’veni !

Sous l’poummier près d’la grand’ bouchur’,
Un oésieau d’nuit hulul’ si fort,
Qué son cri s’entend’ j’en suis sûre,
Jusque là-bas, au boés d’Vilord !

Les âb’es dans la foret vosine,
En s’penchant y causons tout bas,
Tremblants jusqu » dans leux racines,
Ieux branch’s craqu’nt, résoun’nt coumm’ des glas.

On dirait des esprits en peine,
dans les éléments déchainés,
Pour moé, j’cré qu’la tempête rameine,
 L’âm’ de ceux qui s’sont sacridiés.

Quanq’ et l’vent s’éleuve en tempête,
Qué parsounn’ veur s’risquer déhors,
A m’en racont’ des chous’s secrètes,
L’ieau qui cou’ sous l’vieux moulin mort.

Poème aux soldats - Betty Jacquey (J'ai glané pour vous) - 1963 - imprimerie Mollé Frères (Angers)

Poème aux soldats - Betty Jacquey (J'ai glané pour vous) - 1963 - imprimerie Mollé Frères (Angers)


A propos de Betty JACQUEY, je conseille la lecture de la notice qui a été rédigée par la compagnie des Sans-lacets en 2015, nous presentant entre autres le parcours et un portait de Betty Jacquey:

http://les-paniers-paysans-du-giennois.fr/wp-content/uploads/2015/02/dossier-de-presse-les-confidences_du_berry.pdf

En 2017, le spectacle a été joué à Déols

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Derrière cette poésie patoisante, se trouve donc Betty JACQUEY, poétesse peu connue et de son nom de jeune fille Berthe CHASTRE.

Celle-ci naquit à Sougé en 1898, fille de Arthur et de Angèle CHARON et décéda à Angers en 1980. Le 14 novembre 1922, elle épousa à Sougé (36) Paul JACQUEY, qui fut engagé volontaire en 1918, qui combattit et fut fait prisonnier en 39/45.

Elle était donc du même âge que les soldats qui furent appelés lors du conflit. Sans nul doute, elle cotoya à Sougé les jeunes soldats des classes 1914 à 1918, qui furent ses camarades d'école et qui partirent au front lors du conflit alors qu'ils étaient à peine agés de 20 ans (A partir de la classe 1916, ils furent appelés avant leurs 20 ans).

 

Grand merci à Claude Nivet pour toutes les informations apportées

 

 

 

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25 octobre 2020

Argenton, une plaque de sépulture qui en dit peu mais ...

Il est parfois des sépultures dans les cimetières qui racontent une histoire donnant des détails sur le parcours des défunts. Parfois, rien n'est indiqué et il est alors impossible de même détecter la présence de soldats Mort pour la France et c'est bien le cas ici.

Georges et Paul BONHOMME ont la particularité d'avoir la même sépulture, mais rien n'indique leur statut de combattant 1418. En effet, Georges et Paul sont deux frères tombés lors du conflit, ces 2 frères sont natifs d’Argenton et leurs dépouilles ont été rapatriées par la famille. Georges l’ainé, le 21 mars 1922 et Paul le benjamin, le 3 avril de la même année.

On peut donc imaginer deux cérémonies d’inhumation au cimetière Saint-Paul d’Argenton pour la même famille et ce en 15 jours. Or, comme je l'indiquais plus haut la plaque actuelle visible sur la sépulture familiale n’indique nullement le statut de Mort pour la France de ces deux frères.
Le style des gravures laisse supposer une datation de la plaque vers 1949/1950, le moment où la plaque fut gravée avec le texte tel que nous le connaissons maintenant.

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Fait particulier le parcours peu ordinaire de Georges BONHOMME: Né en 1883, déclaré comme cuisinier au moment du conseil de révision, de suite, il s’engage en 1904 à Lorient et devient alors apprenti marin cuisinier. Il est libéré en 1907.
On le retrouve alors au Savoy Hotel du Caire (Egypte). En octobre 1909, on le retrouve à Londres à la Harvard House. Mobilisé au 90e RI de Châteauroux, il décède en Grèce en 1917 au sein du 284e Régiment d’Infanterie.

Georges BONHOMME, sa fiche sur le Mémorial Indre1418soldats

 

Paul BONHOMME, sa fiche sur le Mémorial Indre1418soldats

 

22 septembre 2020

Les lendemains désenchantés du conflit

Le 90e Régiment d'Infanterie est attaché à l'histoire contemporaine de la ville de Châteauroux. Au lendemain du conflit, le régiment revient à la garnison en 1919 lors d'un retour digne des héros d'antan. 
http://indre1418.canalblog.com/archives/2015/04/12/31880820.html

Une fois la joie du retour retombée, la vie reprend sur la cité castelroussine et le régiment occupe de nouveau la caserne Bertrand. Les besoins militaires, les budgets en baisse, la refonte de la doctrine militaire ont alors raison des effectifs dits des "gros bataillons" d'avant 1914. On dissout le 68e, Le Blanc et Issoudun perdent leur garnison d'infanterie.
« Par la circulaire ministérielle no 14707 1/11 du 6 février 1920, le 68e régiment d'infanterie est dissout. Le 90e régiment d'infanterie de Châteauroux est chargé de supporter l'apurement des dettes et des créances du 68e » Sources Instruction ministérielle du 22 septembre 1920.

Cela ne s'arrête pas là. Le 1er avril 1921, Châteauroux perd un bataillon le III/90 (3e bataillon du 90e RI) qui est affecté à Tours, ensuite ce sont deux qui sont rattachés à la garnisson de Tours, restant alors un seul bataillon à Châteauroux.

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Il y restera jusqu'à la dissolution de l'unité le 4 mai 1929. La capitale du Bas-Berry perd alors le régiment qui était le sien depuis 1877 et le 32e RI de Tours devient l'héritier du 90eRI.

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28 août 2020

Un cas peu banal, le parcours chaotique d’Arthur RETY de Veuil

Depuis quelques temps déjà, sur le mémorial virtuel des soldats du département de l'Indre, je complète les fiches déjà existantes en m’appuyant sur les fiches matricules. Je rajoute alors les données concernant les parents ainsi que le lien avec la fiche matricule. Cela prend beaucoup de temps car je relis entièrement à chaque fois la fiche complète pour m’imprégner du parcours des soldats. Rien ne presse, mais je n’en suis cependant qu’aux patronymes en Big…

De temps en temps, de fidèles correspondants du blog Indre1418soldats m’envoient des informations complémentaires. Laurent Roy est de ceux-là. Il me transmet des renseignements très complets et le texte ci-dessous est quasiment le fruit de ses recherches. Je reprends donc les données transmises et vous livre le triste sort de Arthur Réty de Veuil et natif de Luçay-le-Mâle.

Retrouver une fiche issue du site « Mémoires des Hommes », un nom gravé sur un monument ou inscrit sur un livre d’or ne suffisent pas pour donner consistance aux combattants d’alors. Il y a peu, concernant Arthur Réty, je ne possédais que ces 3 éléments et il n’était qu’un nom dans une base de données et une page sur le blog départemental des Morts Indriens sur Indre1418soldats.

http://indre1418soldats.canalblog.com/archives/2016/11/27/34512053.html

Avant d’entrer dans le détail du parcours, présentons tout d’abord Arthur Réty. Ce dernier est né le 2 avril 1882 à Luçay-le-Mâle et est fils de Jean-Baptiste et de Eulalie Berton. Au moment de sa conscription il est dispensé (2e liste) comme ayant un frère au service. Il est incorporé au 90e RI en 1903 et est libéré en 1904. En 1908 et 1911, il effectue 2 périodes d’instruction au 90e RI.

Rappelé dans le cadre de la mobilisation générale, il est attendu le 11 aout 1914 et part aux armées le 25 septembre 1914. Entretemps, il est resté au dépôt de Châteauroux. De là, il suit le parcours du régiment de Châteauroux jusqu’à la date du 5 juin 1915 que la fiche matricule indique comme étant le jour de la blessure de Arthur Réty (éclat d’obus cuisse gauche) et son évacuation.

Un point est à signaler. La date du 5 juin ne correspond pas au journal de marche de l’unité. Le 90e RI ne monte en ligne au carrefour des Cinq Chemins que quelques jours plus tard, dans la nuit du 7 au 8 juin 1915

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Journal de marche du 90eRI -SHD

Réty semble plutôt faire parti des 3 blessés signalés en bilan des journées des 7 et 8 juin.

Le secteur du carrefour des Cinq Chemins est un secteur très dangereux pour les troupes. Au-devant du Bois de la Folie, au Nord de Neuville Saint Vaast, en juin 1915, il verra se succéder les régiments et les tentatives de percement des lignes ennemies et ce de manière infructueuse et mortifère pour les unités dont le 90e RI. Là, le 13 juin le régiment fit une attaque principale qui tourna très rapidement au désastre ainsi que pour son voisin le 68e RI. On y vit d’ailleurs la blessure du futur Général d’Armée Marcel Carpentier.

http://indre1418.canalblog.com/archives/2005/06/02/543220.html

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SHD 26N1288 - JMO 6eRG

Revenons maintenant à Arthur Réty, en suivant les indications de la fiche matricule. Ce dernier est donc évacué et est déclaré « aux hôpitaux du 18 juin au 3 octobre 1915. Il a donc transité de poste de secours en ambulances, d’ambulance en hôpital pendant environ une dizaine de jours. Rien n’indique son parcours hospitalier. Une demande le concernant au Service des archives médicales et hospitalières de l'armée (SAMHA) basé à Limoges permettrait éventuellement de suivre son dossier médical s’il a été conservé.

Un premier vide dans le parcours nous interpelle. La trace suivante est datée du 14 janvier 1916 où il est signalé à l’hôpital de Tours pour « Psychose hallucinatoire ».
A partir de là, le parcours chaotique s’enchaine. Il est déclaré comme « déserteur à l’intérieur » le 16 janvier et signalé « sorti par évasion » le 17 janvier 1916. Nous perdons ensuite sa trace jusqu’en novembre 1916 où la fiche matricule indique qu’il est décédé le 27 novembre 1916 à La Possonnière (49) et que le cadavre a été trouvé en Loire.
Là, il faut s’intéresser à la transcription du décès que l’on trouve à Veuil dans les registres d’état-civil :

Le vingt-sept novembre 1916, deux heures du soir, nous avons constaté le décès d'un individu de sexe masculin, dont la mort paraît remonter à 3 mois environ. D'après les renseignements fournis par l'autorité militaire, le corps est celui de Arthur Réty, classe 1902, matricule 1761, affecté au 90 RI à Châteauroux, né le 02/04/1882 à Luçay-le-Mâle, fils de Jean-Baptiste Réty et de Eulalie Berton, époux de Mélanie Rabier, domicilié à Veuil. Dressé sur la déclaration de Henri Pouzin, gendarme, 56 ans, et de Julien Lebrun, gendarme auxiliaire, 43 ans, en résidence à la Possonière.

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Cliché Laurent Roy - Etat-civil Mairie Veuil

Cela est à mettre en parallèle avec la fiche Mémoires des Hommes, il en ressort que la transcription (officielle) n’a pas pu servir pour la rédaction de la fiche MDH, le genre de mort reporté sur la fiche Mémoires des Hommes (blessures de guerre) et le classement de la fiche dans la catégorie « Mort pour la France » n’ont pas de cohérence avec la transcription de décès à la mairie de Veuil. La mention Mort pour la France ne figure nulle part sur l’acte de décès. On notera aussi que Arthur Réty figure sur le Livre d’Or de Luçay le Mâle, mais on se souviendra que la source originelle est la même pour établir le livre d’or et les fiches Mémoires des Hommes. Il figure donc sur le LO de Luçay, sa commune de naissance, car le scripteur de la fiche MDH ne connaissait pas le lieu de domiciliation du défunt (Veuil), il prit alors le lieu de naissance (Veuil est clairement indiqué sur l’acte de décès comme domicile)

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SHD - mémoires des Hommes

Un fait m’a interpellé concernant la rédaction de la fiche Mémoires des Hommes, mais je n’ai pu trouver confirmation. En bas de chaque fiche, une série de chiffre est reportée, le dernier chiffre ne serait-il pas la date du modèle de la fiche utilisée. Cela induirait que le modèle de la fiche serait de 1927 et que la rédaction en serait donc à minima de cette année 1927, ceq qui semble très tardif, pour un décès transcris dès 1916. En fouinant sur Mémoires des Hommes, on s’aperçoit que les fiches sont globalement de 1921-1922, cela qui normal et correspond à la mise en place du fichier. (Cette hypothèse reste cependant à vérifier).

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SHD - mémoires des Hommes

Quant à la réelle cause du décès, on ne saura s'il est tombé dans la Loire volontairement ou non sous le coup d’un délire psychotique par exemple.

Sur la fiche matricule, un secours immédiat de 150 francs est reporté et attribué à son épouse Mélanie Rabier. Cela confirme la mention marginale de la transcription d’état-civil ci-dessus, indiquant qu’il est époux de Mélanie Rabier. Une rapide recherche permet d’apprendre qu’ils se sont mariés le 22 septembre 1906 à Veuil (36).

Une autre source à exploiter concernant une telle recherche est celle de la presse locale. Il y a effectivement de fortes chances que la presse angevine reporte un tel fait, peu ordinaire. Après un appel à l’aide, une amie, Sylvie Bossy-Guérin, spécialiste du secteur de Cholet et des archives angevines, me fit le plaisir de me retrouver 2 articles du journal local « Le Petit Courrier », journal local du secteur d’Angers.

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Le Petit Courier, 29 et 30 novembre 1916

Découvert le 27 novembre, le corps est rapidement identifié grâce à son bracelet matricule. L’info fut transmise à l’autorité militaire qui à partir de ce matricule put à coup-sur identifier le corps repêché, il n'y a quà contacter la 9ème Section d'Etat-Major qui gère les matricules de la 9ème Région Militaire. Le journaliste, le 29 novembre était alors en mesure de signaler le fait et d’indiquer l’unité à partir des informations que l’autorité militaire voulut bien lui transmettre.

Je retiendrai deux informations issues des 2 articles que je vous laisse juge d’analyser :

 « Ce noyé a certainement par suite de la crue, été trainé sur une assez longue distance. » Le journaliste reportant ce que l’autorité a accepté de lui transmettre comme informations, ne se doute certainement pas que Arthur s’était évadé de l’hôpital de Tours à quelques 140 km de là. Rien ne dit évidemment que Arthur Réty s’est noyé dans la Loire à Tours, il s’agit là d’une distance pour donner un ordre d’idée. De plus, alors que la transcription d’état-civil indique que « la mort paraît remonter à 3 mois environ », le journaliste reporte un séjour dans l’eau de six mois. Ceci n’est pas sans poser question sachant que l’évasion date de janvier, soit 11 mois plus tôt. On notera que dans le doute, la date de décè retenue est celle de la découverte.

Nul ne saura quel chemin de misère aura suivi ce soldat du département bien loin de l’image donnée par les premiers documents d’archives consultés. Cela conforte notre démarche de recherche du maximum de sources et de la démarche qui consiste à ne pas se contenter de la première donnée trouvée. Bien qu’officielle, elle peut se montrer globalement fausse.

Un très grand merci à Laurent Roy qui au travers de ces trouvailles m’a permis de fouiller dans les archives disponibles et de débusquer les amorces d’une nouvelle vision du parcours de Arthur Réty.
Un très grand merci pour Sylvie Bossy-Guérin pour son aide concernant les archives angevines.

Que Arthur Réty repose en paix. A Veuil, on se souvient de lui sur le Monument

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cliché Alain Bréjaud

 

3 août 2020

Martizay: Fêtes de la Victoire, le 3 aout 1919 (Réactualisé 2020)

Je collectionne depuis longtemps les documents de l’époque 1880-1918. Il y a quelques temps déjà, sur un site internet, alors même que la vente était encore en cours, un cliché m’intrigua. Il était sobrement décrit comme « CPA Photo – fête du 3 aout 1919 » . Le vendeur indiquait seulement que la famille était originaire de l’Indre et que le cliché était du 3 aout 1919, mais quelque chose me disait qu’il était important concernant l’histoire du département et du conflit.
Lorsque j’ai eu la carte en main, aussitôt de multiples détails m’apparaissaient. Notamment, au verso, je découvrais une indication primordiale :

« Souvenirs de la fête du 3 aout 1919 – Martizay ».

Le vendeur n’avait pas attaché d’importance à ce dernier mot, qui pour moi était une des clés. Nous avions le lieu de la prise de vue. Des tenues typiquement berrichonnes (Coiffes, biaudes, …)  sont  présentes dans la foule, des militaires en bleu horizon forme le premier plan. Après cette première analyse, je m’empressai donc de le scanner afin de voir les détails qui me permettront d’affiner la compréhension du cliché.

Découvrons donc ce cliché :

Martizay_19190803_Defile_Recto_VueGenerale

Essayons tout d’abord de confirmer le lieu. Le cliché a-t-il bien été pris à Martizay ?
Hormis l’indication sur le verso du cliché, un détail confirme le lieu. En effet, au premier plan deux hommes portent une couronne sur laquelle, il est possible de lire : « Martizay à ses fils »

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationLieu1

Grâce à Internet, et notamment le site GoogleMaps et son application Street View, il est possible de se promener au fil des routes et rues de notre région.
Afin d’éviter de déambuler virtuellement pour rien dans les rues de Martizay, il est nécessaire d’identifier des points remarquables afin d’éventuellement les retrouver dans le paysage actuel.

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationBatiments2

Maintenant, il ne reste plus qu’à se promener dans Martizay pour trouver éventuellement le point de vue. Après quelques hésitations, le lieu était identifié. Voici donc la vue via Google. Voici donc en 2020, le lieu de prise de vue

 

Capture

Le cliché fut donc pris "rue de la Poste". Le porche sur la droite est reconnaissable, et en partie caché par le poteau électrique actuel. Le bâtiment bicolore est celui de cette même poste, toujours existante et dont les encadrements sont composés d’une alternance de calcaire et de briques, donnant ce côté bicolore. Le lieu étant confirmé, nous allons pouvoir essayer d’analyser l’élément le plus important, les personnages.

Comme dans bons nombres de défilés, les personnes se regroupent par affinité ou conformément à un protocole défini. Or, ici, il ne s’agit pas là d’un mouvement de foule spontané et cela correspond très précisément à une manifestation qui suit un protocole bien défini.

Voici donc les différents groupes identifiables et leur position dans ce défilé:

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationGroupes

Essayons donc de voir le rôle, la fonction et la composition de chaque groupe.

Groupe 1:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe1

En tête de défilé, on retrouve 3 personnes. On notera tout d’abord qu’il semblerait que ce soit des anciens combattants, du moins des soldats 14-18, mais déjà démobilisés. Deux portent des décorations dont un, la Médaille Militaire et une Croix de Guerre.
La première personne, sur la droite, est le porteur du drapeau national. Comme tout défilé patriotique, les couleurs de la Nation sont en tête. Deux porteurs l’accompagnent, ceux-ci portent une couronne mortuaire sur laquelle on peut lire « Martizay à ses fils ». Il est à rappeler qu’au moment du cliché, les monuments aux morts n’étaient pas encore de rigueur. Que devint cette gerbe ? Fut-elle déposée au cimetière, à l’église. Je n’ai pas la réponse.
Pour rappel, Martizay, lors de l’érection du monument, inscrit 98 noms de ses fils sur le monument, soit 6% de sa population recensée en 1911.

Groupe 2:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2

Juste derrière les « nouveaux » anciens combattants figurent 4 soldats en uniformes qui sont fêtés par la population. Chacun s’est vu remettre un bouquet fleuri. Qui sont-ils ? Essayons d’analyser les uniformes et leurs équipements pour mieux comprendre.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2_1

De la gauche vers la droite, on peut donc voir 4 tenues typiques des années de fin de conflit. Celles-ci sont entièrement bleu-horizon. Les tenues et coiffures sont intéressantes car si aucun grade n’est visible sur les bas de manche, on notera leur diversité. La tenue de gauche est une tenue de sortie. Le képi pourrait celui d’un officier ou d’un sous-officier, il s’agit vraisemblablement d’un képi de type « manchon ». Au contraire le 3ème soldat, lui, porte une vareuse standard dite « toutes armes » typique avec un képi troupe. Les deux autres soldats sont aussi vêtus de leurs tenues de sortie et sont équipés de bonnets de police, modèle 1918 pour le soldat n°2 et modèle « Empire » pour le 4ème, sur lequel d’ailleurs, on peut apercevoir une grenade d’infanterie. Ce dernier soldat est remarquable par son jeune âge apparent.
Concernant les décorations, on notera que deux d’entre eux (1 et 4) portent la fourragère sur leur épaule gauche. Le premier soldat est titulaire de la Croix de Guerre avec palme et étoile. Il est donc au moins titulaire d’une citation à l’ordre de l’Armée.
Le premier soldat est vraisemblablement du 66ème RI (Numéros de col et de képi). Malgré un scan au maximum, il est impossible de déterminer les numéros des unités des soldats 2 (10 ?) et 3 ( ??).

Groupe 3 et 4:

 Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe3_4

 

 La figure de la République, Marianne est entourée par les enfants, on devine les costumes alsaciens et de lorrains, symboles des provinces retrouvées par la « Mère-Nation ». Juste à l’arrière, les demoiselles d’honneur accompagnent le groupe. Le blanc de la virginité et de la pureté sont de rigueur et l’écharpe tricolore de circonstance.

Sur la droite, un groupe de 3 hommes, brassard au bras, surveillent et semblent réguler le cortège. Leurs tenues laissent deviner des notables locaux, dépositaire de l’autorité. Deux d’entre eux ont semblent-ils des décorations sur le revers de leurs vestes. S’agit-il de représentants municipaux, le maire et ses adjoints ? D’autorités issues d’une association patriotique ? Malheureusement, je n’ai pas d’éléments suffisants pour aller plus loin. Il est cependant à noter que sur tout le cliché, au moins 5 personnages avec un brassard sont visibles, répartis le long du cortège.

Groupe 5 et 7:

Occupons nous d’abord du groupe 5.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe5

Ce groupe de personnages est constitué de 10 soldats et de quelques hommes en civil. Sur le veston de quelques-uns de ces derniers, ce qui ressemble à des Croix de Guerre semble être visibles. Nous avons donc là un groupe de combattants démobilisés ou non. Pour une raison qui m’échappe, ceux-ci ne sont pas avec les groupes 1 et 2.
Parmi les militaires en tenues, un chasseur est reconnaissable grâce à sa tarte (béret de Chasseur) et à sa tenue plus foncée. Un deuxième militaire à la tenue foncée semble être un soldat des troupes coloniales (tenue moutarde ressortant foncée sur un cliché N&B.

Un militaire est à part et apparait sur le cliché. Il constitue un groupe à lui-seul, de part sa position dans le cortège.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe7

Isolé parmi les civils, au milieu des femmes, malgré les défauts du cliché, il semblerait bien que nous ayons là un gradé de la Gendarmerie (liseré blanc du képi). Malgré les décorations porté par notre gendarme, ceux-ci ne furent que rarement reconnus comme combattants et de ce fait, il semblerait que le protocole ne l’inclut pas dans le cortège.

Avant d’analyser le groupe 6 (foule civile) intéressons-nous aux deux groupes situés en fond de scène.

Groupe 8:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe8

 

Les enfants ont été regroupés, le blanc est de rigueur. Ils sont encadrés par un homme qui porte le brassard que nous retrouvions dans le groupe n°4.

Groupe 9:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe9

S’il est assez difficile d’identifier ce groupe, il est cependant nécessaire de ne pas le confondre avec le reste de la foule. L’oriflamme annonce une confrérie locale, une harmonie municipale ou plus simplement l’association des anciens combattants de 1870. Difficile de se prononcer.
En général une harmonie est en début de cortège, je vois mal une confrérie locale dans un défilé patriotique, s’il s’agit d’une association d’anciens combattants, l’étendard alors utilisé est confectionné sur la base du drapeau tricolore. Ce groupe reste donc mystérieux.

Groupe 6:

Intéressons maintenant à la foule qui constitue le groupe 6 et qui est bien évidemment le plus divers.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_Veuves

Même au sein de cette foule, des groupes se sont constitués. Le plus voyant est celui des veuves, des personnes en deuil. Celles-ci sont reconnaissables par leurs tenues noires et leurs voilettes.
Il est à noter la séparation entre femmes et hommes, chacun occupe un côté de la rue de la Poste. Il est intéressant de comparer ce rituel, avec celui alors en vigueur lors des cultes, dans les églises. La séparation se poursuit dans le cérémonial républicain.

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Il est aussi plaisant de voir certains personnages constituant cette foule.

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Tous les tenants de la population sont là. La biaude côtoie le châpeau melon. Les coiffes et les capelines donnent la réplique aux chapeaux dernier cri, "à la mode de Paris".

Il est intéressant de noter que nulle part, on remarque la présence du clergé. Il s’agit bien d’un cortège « républicain ».

Voilà une étude qui se termine et que je sais d’avance imparfaite, je vous laisse la main si jamais vous avez des remarques.


 

2015, une mise à jour:
Un ajout essentiel à la compréhension de l'évennement grâce à l'envoi d'un correspondant du blog. Eric Bernard collectionne lui aussi les photographies d'époque. A la recherche d'informations, il est tombé sur ce message et nous fait profiter de sa trouvaille: 3 photos de ce même 3 aout 1919, à Martizay. Comme pour mon cliché, il s'agit de tirages photographiques, sans indications au dos, mais le point de vue permet de déterminer qu'il s'agit bien du même photographe.

Les 3 clichés viennent confirmer l'analyse déjà effectuée et les hypothèses émises en 2014,(voir ci-dessus). Voici donc les 3 clichés:

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Concernant l'oriflamme cloturant le défilé, il est maintenant plus facilement déchiffrable. Certes pas entièrement, mais divers éléments permettent de percevoir le rôle de l'association concernée.

Vraisemblablement, il s'agit d'une association d'entraide (le dessin représente une poignée de main), de plus la date de création de l'association est clairement lisible (1895)

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Grand merci à Eric pour son aide et son partage désintéressé de documentation.


 

Voici un article du "Journal du département de l'Indre" du 8 août 1919 évoquant la journée du dimanche 3 août 1919 désignée sur le plan national pour être la Fête de la Reconnaissance nationale (envers les Poilus entrés en guerre 5 ans plus tôt) qui m'a été transmis par Jean Louis Laubry, un historien local et ancien directeur du Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux (Merci à lui).

Celui-ci me rajoute dans son mail: "Les "grandes" villes ne la firent pas, réservant leur énergie pour accueillir le retour de leur(s) régiment(s), les petites communes rarement. Ce sont surtout les gros bourgs (de type chef-lieu de canton) qui marquèrent cette journée".

Martizay faisait donc parti de ceux là.

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La mise en parallèle, 101 ans plus tard

 

 

 

18 mai 2020

Un thenaisien cité en exemple, François CRECHET, absent des monuments et de Mémoires des Hommes

"On a rapporté récemment un cas de transfusion effectué avec plein de succès à Montpellier par le docteur Jeanbrau et le professeur Hedon. Notre photographe représente les deux frères d'armes, devenus frères de sang, vingt-cinq jours après la transfusion qui sauva l'un grâce au sacrifice de l'autre: à gauche, le soldat réserviste Créchet, du 68e de ligne, amputé après une terrible hémoragie; à droite, le "donneur", Emile Barthélémy, du 81e de ligne, légèrement blessé à Gerbeviller".

Voici aussi ce que rapportait le journal local "L'indépendant du Berry"du 15 novembre 1914

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L'indépendant du Berry se trompait dans son article concernant l'origine du soldat, car celui-ci n'est pas argentonnais, mais originaire du canton de Saint Gaultier.

François CRECHET était natif de Thenay (36) où il vit le jour le 19 juillet 1882, fils de Louis et de Mathieu Françoise. Il effectua son service militaire au 32e Régiment d'infanterie du 16 novembre 1903 au 23 septembre 1905.
En 1907, il épouse Marie GEORGET, le 17 décembre à Ciron (36).

En 1909, il effectue une période au 68e RI du Blanc.
Mobilisé, il est appelé à la date du 11 aout 1914, où il se présente au Blanc. Affecté au 68ème régiment, il est grièvement blessé le 20 septembre 1914 au cours d'une attaque et a été amputé de la cuisse gauche.
Il obtient la Médaille militaire (JO du 22 aout 1915) et est titulaire de la Croix de Guerre avec palme (Citation à l'Armée).

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Proposé à la réforme, il est renvoyé dans ses foyers le 24 mars 1915.

Il décède le 20 décembre 1923 à Thenay (36). Son acte de décès comporte la mention "Mort pour la France" le maire jugeant la mort liée aux conséquences du conflit (information fiche SEHCSG voir ci-dessous)

Cependant, il ne figure pas sur le Monument aux Morts de Thenay (36), ni sur le site ministériel "Mémoires des Hommes"

Sa fiche matricule aux archives départementales de l'Indre

Sa fiche sur le mémorial de la Société d'Etudes Historique du Canton de Saint Gaultier
http://sehcsg-memorial.over-blog.com/2019/01/fiches-thenay.html#18

 

Sources:
L'Illustration 21 novembre 1914 n°3742 page 394
L'indépendant du Berry 15 novembre 1914

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